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Le pétrole qu’on n’ose plus aimer

Nicolas Guerté

Un article de

Deux anciens puits de pétrole situés dans la Marne et dans l’Aube pourraient rouvrir à l’horizon 2027. Les volumes annoncés restent modestes, mais l’annonce intervient dans un contexte international tendu où l’énergie redevient une question stratégique. Entre dépendance massive aux importations et sortie programmée des hydrocarbures en France, la réactivation de ces petits gisements révèle surtout une contradiction économique rarement assumée.

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Nicolas Guerté
Quand le pétrole redevient rentable


Dans les plaines discrètes de Champagne, loin des images texanes et des derricks flamboyants, deux puits pourraient bientôt reprendre vie. Exploités autrefois puis abandonnés, ces sites du bassin parisien devraient être remis en production si les autorisations administratives sont confirmées. La concession couvrirait un peu plus d’une centaine de kilomètres carrés et pourrait produire environ 74 000 tonnes de pétrole.

À l’échelle mondiale, ce chiffre est insignifiant. À l’échelle française, il est moins anodin : la production nationale de pétrole est aujourd’hui extrêmement faible. Ces deux puits ne changeront pas la géopolitique de l’énergie, mais ils rappellent une réalité oubliée : la France produit encore un peu de pétrole.

Et surtout, elle en consomme énormément.



Un pays très dépendant

Chaque année, la France consomme près de 70 millions de tonnes de pétrole, principalement pour les transports, l’industrie et la pétrochimie. Or la production nationale couvre à peine 1 % de cette consommation.

Le reste provient de l’étranger.

Cette dépendance représente une facture considérable. Selon les années et le niveau des cours, la facture pétrolière française dépasse régulièrement 40 milliards d’euros et contribue largement au déficit commercial du pays.

Dans ce contexte, la réactivation de petits gisements peut sembler symbolique. Mais l’économie de l’énergie fonctionne souvent ainsi : ce qui était marginal hier devient rentable lorsque le prix du baril remonte ou lorsque les tensions internationales fragilisent les approvisionnements.



Le retour discret du pétrole français


Contrairement à une idée répandue, la France n’a jamais cessé totalement de produire du pétrole. Le bassin parisien et l’Aquitaine comptent encore plusieurs dizaines de petits gisements exploités.

Rien de comparable avec les grandes provinces pétrolières du monde, évidemment. Mais suffisamment pour maintenir une activité industrielle et technique.

Les puits de la Marne et de l’Aube s’inscrivent dans cette logique : celle d’un pétrole marginal, exploité quand les conditions économiques le permettent.

Le maire de l’une des communes concernées l’a résumé avec humour : « Ce ne sera pas Dallas. »

La formule est juste, pour ne pas dire impitoybale...



Les fantômes du passé énergétique


L’annonce de nouveaux forages rappelle aussi quelques souvenirs français. Dans les années 1970, l’État avait financé le fameux projet des avions renifleurs, censés détecter du pétrole depuis les airs grâce à une technologie secrète. L’affaire s’était révélée être un fiasco industriel et financier retentissant.

Aujourd’hui, la situation est évidemment différente : les gisements évoqués sont connus depuis longtemps et les projets reposent sur des données géologiques réelles.

Mais cette mémoire collective explique en partie la prudence française face aux annonces pétrolières.



La contradiction du gaz de schiste


Le débat énergétique français comporte une autre particularité. En 2011, la France a interdit l’exploitation du gaz de schiste pour des raisons environnementales.

Dans le même temps, elle continue d’importer du gaz provenant - notamment des USA - de pays qui utilisent précisément cette technique.

Cette contradiction illustre une tension permanente : refuser certaines productions sur le territoire tout en restant dépendant des ressources extraites ailleurs.

Les petits puits champenois réactivent indirectement cette question.



Entre transition et réalité

La loi française prévoit la fin progressive de l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire national à l’horizon 2040. Dans cette perspective, la remise en activité de deux puits peut sembler anachronique. La vérité économique est pourtant simple : la transition énergétique ne se décrète pas uniquement par la loi. Elle se mesure aussi à la capacité d’un pays à sécuriser ses approvisionnements.

La France n’a jamais eu beaucoup de pétrole.

Mais elle a toujours eu des idées.

Il faudrait simplement espérer que ce soient les bonnes...

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