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Avez-vous voté ce jour-là ?

Irène Adler

Un article de

Le dimanche 15 mars 2020, les Français sont appelés aux urnes pour le premier tour des élections municipales. La veille au soir, le gouvernement a annoncé la fermeture des restaurants, des cafés et de nombreux lieux publics. Trois jours plus tard, la France se confine. Entre ces deux secousses, il y eut ce dimanche étrange, presque irréel, où la République demanda encore un geste simple : glisser un bulletin dans une urne.

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Irène Adler
Le pays votait déjà à voix basse


Depuis plusieurs jours, l’épidémie progresse. Les images venues d’Italie inquiètent. Le président a parlé aux Français le 12 mars. Le samedi soir, Édouard Philippe annonce la fermeture d’une grande partie des lieux publics. Pourtant, le lendemain matin, les bureaux de vote ouvrent comme prévu.

Dans les mairies, les consignes sanitaires arrivent en cascade : flacons de gel hydroalcoolique sur les tables, nettoyage régulier des surfaces, distance dans les files d’attente. On recommande même aux électeurs d’apporter leur propre stylo. Le vote n’est plus tout à fait ce rituel tranquille auquel les Français sont habitués ; il devient une opération prudente, presque médicale.



Une France de gestes minuscules


Dans de nombreuses villes, les scènes se ressemblent. À Toulouse, des assesseurs essuient régulièrement les stylos et les tables. À Strasbourg, on nettoie les isoloirs entre deux électeurs. À Montpellier, les files d’attente s’étirent dans la cour de l’école pour éviter la promiscuité.

Les photographies prises ce jour-là montrent moins la politique que ces gestes minuscules : on désinfecte une table, on recule d’un pas, on signe vite avant de quitter la pièce. Le dimanche électoral français, d’ordinaire bavard et convivial, devient soudain silencieux. On vote, puis on repart presque aussitôt. On hésite entre démocratie et défiance.



La campagne disparaît derrière l’époque


Dans certaines grandes villes, les enjeux politiques étaient pourtant importants. À Marseille, à Paris, à Lille, les campagnes municipales avaient été intenses. Mais ce 15 mars, elles semblent déjà appartenir au passé.

Même les soirées électorales se transforment : plusieurs villes annulent les rassemblements prévus dans les hôtels de ville. Les chaînes d’information parlent presque autant du virus que des résultats. L’élection continue, mais elle n’est plus vraiment au centre du pays. 



Le chiffre qui résume tout


Le soir venu, la participation nationale s’établit à 44,66 %. Pour des municipales, c’est un niveau historiquement bas. Dans certaines grandes villes, l’abstention dépasse largement la moitié du corps électoral.

Ce chiffre résume l’atmosphère de la journée : une démocratie qui fonctionne encore, mais dans un pays déjà saisi par l’inquiétude. Les électeurs ne sont pas absents par indifférence ; beaucoup hésitent simplement à se rendre dans un lieu public. La trouille récolte les sufrages.



L'entre-deux tours


Avec le recul, ce scrutin reste un moment singulier de la vie politique française. Les juges n’ont pas considéré que la faible participation suffisait à remettre en cause la validité du vote. Le second tour sera finalement organisé trois mois plus tard, après le premier confinement.

Que signifie une élection quand l’abstention devient majoritaire ? La question se pose d’autant plus aujourd’hui que, dans de nombreuses communes, une seule liste se présente parfois devant les électeurs. Le vote reste alors un acte démocratique, mais il ressemble davantage à une obligation qu’à un choix.



Le souvenir d’un dimanche suspendu


Six ans ont passé. Pourtant beaucoup de Français se souviennent encore de ce dimanche. Les marchés fermaient plus tôt, les conversations tournaient autour du virus, et chacun sentait confusément que quelque chose basculait.

Ce matin-là, la République ouvrit ses bureaux de vote comme elle l’a toujours fait. Mais ce fut peut-être l’un des derniers dimanches ordinaires d’un monde qui allait soudain s’arrêter.

Peut-être avez-vous voté ce jour-là. Peut-être pas.

Depuis, le pays a-t-il simplement repris sa ronde, comme si rien ne s’était passé ? Ou bien quelque chose, silencieusement, s’est-il déréglé ?

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