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Biathlon : pourquoi la France aime autant un sport venu du froid

Nicolas Guerté

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La saison de biathlon reprend ce samedi, avec elle, revient ce frisson hivernal que les Français ont appris à aimer. Phénomène moderne, héritage militaire, duel franco-norvégien : ce sport venu du Nord est devenu un rendez-vous national. Voici pourquoi.

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Nicolas Guerté
Un sport né dans les patrouilles du Nord


La saison de biathlon reprend, et avec elle cette petite vibration française, cet enthousiasme soudain pour un sport que rien, a priori, ne destinait à devenir un rendez-vous hivernal aussi suivi. Car le biathlon n’est pas né chez nous : il vient du Nord profond, des patrouilles militaires norvégiennes qui, au XIXᵉ siècle, apprenaient à se déplacer à ski fusil sur l’épaule. On mélangeait alors tir et ski de fond pour une raison très simple : survivre. Surveiller des frontières enneigées, se battre dans le froid, se déplacer vite avec le minimum d’effort. Le sport moderne, né dans les années 1960, a gardé cette double nature : une discipline d’endurance et de sang-froid où se succèdent les grandes pulsations du ski de fond et l’immobilité absolue du tir.



Pourquoi la France a pris goût à cette discipline nordique


Rien n’obligeait la France à devenir une nation du biathlon. Et pourtant, depuis plus d’une décennie, c’est elle qui rivalise pied à pied avec la Norvège. Une forme de bizarrerie statistique. Car si le climat explique aisément la domination scandinave, l’essor français, lui, tient à une culture militaire ancienne, à ces sections de l’armée qui ont formé quantité d’athlètes capables d’alterner intensité maximale et précision clinique. Cette filière a produit les premiers résultats dès les années 1990, puis a accouché d’une lignée de champions : Raphaël Poirée d’abord, immense et longtemps sous-estimé, quadruple champion du monde, dont la rivalité avec Ole Einar Bjørndalen fit découvrir à la France qu’elle pouvait aimer autre chose que le Tour de France en juillet. Puis Martin Fourcade, bien sûr, qui a fait du biathlon un sport national. Sa puissance, son élégance, son caractère entier, et sa manière unique de faire basculer une course à la dernière balle ont transformé un sport confidentiel en phénomène populaire. Il a gagné des titres par brassées, inscrit son nom partout, mais surtout, il a créé un public.



Un public fidèle, attaché aux femmes comme aux hommes


Ce public existe désormais, fidèle, passionné, exigeant, aussi investi chez les femmes que chez les hommes. Car le biathlon a cette spécificité rare : l’intensité dramatique y est égale dans les deux catégories. Une poursuite féminine peut être aussi dingue qu’un sprint masculin. Les Français le savent, s’attachent aux deux équipes, suivent les réussites et les échecs, commentent chaque cible ratée comme on débriefe un penalty manqué. Quant à « l’affaire » qui a longtemps hanté les vestiaires, celle de l’utilisation inamicale et frauduleuse d’une carte bancaire par Julia Simon, on peut la mentionner pour dire qu’elle n’a pas sa place ici. Ce sport mérite mieux que ses ombres. 



Le drôle de duopole France–Norvège


Cette saison, la France arrive avec de vraies ambitions. Les hommes ont retrouvé de la profondeur, une équipe jeune mais très solide, capable d’occuper le podium presque chaque week-end. Chez les femmes, l’enthousiasme est intact, les talents nombreux, et l’on observe avec curiosité la manière dont l’encadrement a redéfini les méthodes de tir. Ironie savoureuse : l’un des meilleurs entraîneurs français de la discipline travaille désormais… pour la Norvège. La France, elle, vient de dévoiler une nouvelle combinaison, plus légère, plus respirante, pensée pour optimiser la glisse et la dépense énergétique. Une manière d’affirmer qu’on joue dans la cour des grandes nations.



Un spectacle où tout peut basculer


Le programme s’annonce dense : des sprints, des poursuites, des mass-starts où tout peut basculer, et ces relais collectifs, moments de pure dramaturgie où quatre destins se tiennent dans le souffle d’un dernier tir debout. Car c’est cela, au fond, le charme irrésistible du biathlon : un sport où tout change en quelques secondes. Une glissade, un vent qui se lève d’un demi-centimètre, un cœur qui bat trop vite, et tout s’effondre. Ou tout s’envole. La télévision adore cette tension, ce mélange de vitesse, de gestion mentale, d’explosivité et d’apnée. Le public aussi.



Le charme contradictoire d’un sport total


Suivre le biathlon, c’est regarder des athlètes accomplir ce qui semble contradictoire : foncer à la limite du rouge, puis s’immobiliser comme des statues pour loger cinq balles dans des cibles minuscules. C’est accepter que les héros vacillent, qu’un favori prenne deux minutes de pénalité juste parce qu’il respire mal. C’est comprendre que ce sport n’est pas une succession mécanique mais un roman, avec ses retournements et ses coups de théâtre. C’est, enfin, se laisser happer par ce mélange très rare d’effort total et de maîtrise parfaite.

La saison recommence. Les Français seront au rendez-vous. Et ceux qui ne connaissent pas encore ce sport pourraient bien y prendre goût. Parce que le biathlon est un de ces spectacles où la beauté ne se niche pas dans la perfection, mais dans l’incertitude. Dans l’instant où tout peut arriver.



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Relais mixte : tragédie en quatre actes. Récit imaginaire en immersion totale.

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Le froid vous saisit d’un coup, comme une main glacée posée sur la nuque. Les athlètes sortent des cabanes de fartage en file compacte, silhouettes nerveuses, combinaisons qui bruissent dans l’air sec. On entend le clac-clac-clac des fixations qu’on verrouille, le bang métallique des carabines refermées, les semelles qu’on gratte pour enlever la neige. Ça sent le fart chauffé, la résine, le tissu humide. La lumière du stade se réverbère sur la neige comme un projecteur de théâtre. Le relais mixte va commencer.

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