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La Fête de l’Humanité : des grandes heures à l’édition 2025, un miroir des mutations françaises

Nicolas Guerté

Un article de

Née en 1930 dans la banlieue rouge pour financer le journal fondé par Jean Jaurès, la Fête de l’Humanité fut longtemps le plus grand rassemblement politique et culturel d’Europe. En 2025, elle garde des allures de festival populaire, mais a changé de nature : d’une vitrine du Parti communiste à un rendez-vous hybride, où se mêlent mémoire ouvrière, concerts et débats sociétaux.

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Nicolas Guerté
Un siècle de fête militante

Lorsque Marcel Cachin, directeur de L’Humanité, lance en 1930 la première fête au parc du Pré-Saint-Gervais, l’ambition est claire : trouver des ressources financières pour un journal militant, tout en offrant à la classe ouvrière un moment de rassemblement.


La Fête devient très vite une vitrine du Parti communiste français (PCF), puis un rituel : musique, stands de régions, débats idéologiques et convivialité populaire. Maurice Thorez pouvait alors déclarer, devant une foule immense : « La Fête de l’Humanité, c’est la fête du peuple et la fête de la paix. »



Les grandes heures : politique et rock’n’roll


Des années 1960 aux années 1980, la Fête de l’Huma atteint son apogée. Des centaines de milliers de participants s’y pressent chaque septembre à La Courneuve. Sur scène, Pink Floyd (rien que cela), The Who, Stevie Wonder, Jacques Higelin ou Renaud font vibrer un public où s’entremêlent ouvriers, étudiants et familles.


Les tribunes politiques étaient tout aussi attendues. Georges Marchais lançait en 1979 : « La Fête de l’Huma, c’est notre congrès à ciel ouvert. » Et François Mitterrand, en pleine conquête du pouvoir, venait s’y ancrer, conscient qu’aucune victoire à gauche ne se bâtissait sans ce passage obligé.



Déclin et métamorphose

La chute du mur de Berlin, l’effondrement du communisme et la marginalisation du PCF dans les urnes transforment radicalement l’événement. Les finances de L’Humanité s’effondrent, les foules se réduisent. En 2016, le départ de La Courneuve, faute de terrain, symbolise la fin d’une époque.


Après quelques années d’itinérance, la Fête s’installe désormais sur l’ancienne base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge / Le Plessis-Pâté, en Essonne, à une trentaine de kilomètres au sud de Paris. Ce transfert marque plus qu’un simple changement de décor : il illustre le passage d’une fête inscrite au cœur de la banlieue rouge à un rassemblement périurbain, accessible mais éloigné de son ancrage historique.



L’édition 2025 : concerts et débats


Cette année, du 12 au 14 septembre, la Fête célèbre sa 90ᵉ édition. La programmation musicale fait le grand écart : rap, électro, chanson française et rock alternatif. Objectif : séduire une jeunesse qui n’a plus de lien historique avec le PCF.


Sous les chapiteaux, on débat de l’inflation, de la transition écologique, de la guerre en Ukraine, mais aussi de la démocratie fragilisée. Les syndicats côtoient des associations féministes, climatiques ou antiracistes. On ne vient plus « communier » derrière un parti, mais partager des causes, parfois éclatées, souvent concurrentes.



Quel rôle aujourd’hui ?

La Fête de l’Humanité reflète le glissement d’une époque. Jadis, la droite dénonçait les militants communistes comme de simples « agents de Moscou », ce qui dispensait de débattre avec eux...

Aujourd’hui, une part de la gauche, dans les universités ou les cénacles militants, cède à une tentation semblable : réduire l’adversaire à un « raciste » ou un « fasciste », comme s’il suffisait d’une étiquette pour annuler une pensée.


La Fête reste pourtant un espace où le dialogue survit, même fragmenté, entre un concert de rap et un débat sur le climat. Elle rappelle qu’un peuple ne se construit pas en réduisant au silence ce qu’il ne comprend pas, mais en affrontant les divergences.


En 1981, Mitterrand aimait citer Aristote : « C’est le propre de l’homme que de rechercher la vérité dans le dialogue. »


L’inquiétude de Georges Marchais, dans cet extrait de l'INA, rappelle combien les positions pouvaient être tranchées sans pour autant écarter le dialogue : « Il faut arrêter l’immigration, officielle et clandestine. Il faut donner priorité à la main-d’œuvre française, aux travailleurs immigrés déjà présents, et aider leurs familles à vivre et à s’intégrer. » Une phrase qui, replacée dans son contexte, relevait d’une volonté de protéger la classe ouvrière et d’éviter la mise en concurrence des salariés, et non d’une diatribe raciste.


Cette parole, qu’on jugerait aujourd’hui explosive, dit beaucoup du fossé creusé depuis : des millions d’ouvriers qui se reconnaissaient alors dans cette gauche protectrice se sont, au fil du temps, sentis trahis, et ont quitté ses rangs pour chercher ailleurs une réponse à leurs inquiétudes sociales.


Ce n’est pas la contradiction qui étouffe la démocratie, mais le refus d’écoute et l’intransigeance des postures.


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