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C’est chaque année la même chanson, aux premières chaleurs : on parle de transpirer, mais c’est surtout le mot “détox” qui ruisselle partout. Jus verts, ampoules drainantes, infusions “miracle”, retraites silencieuses au fenouil et charbons actifs pour le foie : l’été approche, et les Français veulent se purifier. De quoi ? Mystère. Mais vite, il faut “nettoyer l’intérieur”.
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Aldrine Autrumay
L’été, saison du grand nettoyage
Les rayons des parapharmacies sont en fête. Entre le 15 juin et le 15 juillet, certaines marques réalisent jusqu’à 40 % de leurs ventes annuelles de “programmes détox”, un marché estimé à plus de 250 millions d’euros rien qu’en France. Et les réseaux sociaux font le reste : influenceuses au teint frais, filtres Instagram au gingembre, et slogans qui oscillent entre culpabilisation douce et promesse de renaissance. Le corps devient un projet estival, à moitié sacré, à moitié sponsorisé.
Pourtant, quand on interroge les vrais experts - pas ceux qui vendent des shots de radis noir à 12,90 € - le constat est net : le corps n’a pas besoin de détox. Il est déjà équipé pour ça. Le foie, les reins, la peau, les intestins font un travail discret, quotidien, souvent ingrat. Les surstimuler, c’est comme forcer une voiture à faire deux vidanges par semaine “pour l’aider”. Inutile. Voire contre-productif.
Certaines cures, en particulier les plus restrictives ou les plus “naturelles”, peuvent déséquilibrer l’organisme. Jeûnes brutaux, privations non encadrées, lavements improvisés… et voilà que la quête de pureté vire au vertige, parfois même à l’hôpital. Mais l’argument de la science ne suffit pas. Car la détox, ce n’est pas (seulement) une pratique de santé. C’est un rite contemporain. Un geste symbolique dans un monde flou.
À force de vivre dans le bruit, les écrans, le sucre, la fatigue et le stress, on cherche un bouton “reset”. L’illusion qu’en buvant trois litres d’eau citronnée ou en mangeant de la soupe pendant 48 h, on va tout effacer. Les excès, les regrets, les contrariétés.
Le jus devient pardon. Et parfois, ça marche, du moins sur le moral.
Les industriels l’ont bien compris : ils vendent moins des molécules que du soulagement psychologique. Un storytelling de la légèreté, de la peau qui brille et des “toxines” qu’on ne définit jamais. Car dans le flou réside l’efficacité commerciale.
Alors que faire ? Faut-il fuir toute tentative de purification ?
Pas forcément. Il existe des pratiques simples, utiles, reconnues : bouger, boire de l’eau, manger des aliments bruts, réduire l’alcool, respirer mieux, dormir davantage.
En somme, vivre. Mais ce n’est ni spectaculaire ni vendable. Le bon sens n’a jamais fait fortune.
Il reste pourtant une vérité : la meilleure détox est souvent mentale. Éteindre le téléphone, ignorer les injonctions, et se réconcilier avec soi-même.
Le corps n’a pas besoin qu’on le punisse. Il a juste besoin qu’on l’écoute. Ce qui, au fond, est sans doute bien plus exigeant.
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