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Réinsérer sans punir : la nouvelle lâcheté ?

Nicolas Guerté

Un article de

Depuis les attaques coordonnées contre une dizaine de prisons françaises mi-avril, la question pénitentiaire revient brutalement sur le devant de la scène. Si l’enquête est encore en cours – un groupe mystérieux revendiquant une forme d’anticarcéralisme, un suspect interpellé, des pistes anarchistes ou liées aux trafics – l’onde de choc est claire : le système carcéral craque, et avec lui les certitudes sur son sens.

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Nicolas Guerté

Depuis des décennies, la réinsertion a pris le pas sur la punition. Ce glissement s’est fait au nom de la modernité, des droits humains, de la psychologie. Punir semblait archaïque, brutal, contre-productif. L’objectif ? 

Transformer la prison en tremplin de seconde chance. Mais la récidive, toujours massive (plus de 60 % dans les cinq ans), jette un doute sérieux : 

et si cette bienveillance n’était qu’une impasse ? Pire : une fuite.


Une société qui n’ose plus punir ?


Le philosophe Thomas Hobbes, dans Le Léviathan, écrivait que seule la crainte de la punition permettait de sortir l’homme de son état de guerre permanent. « Sans l’épée, les lois sont comme des toiles d’araignée. » 

Ce principe de dissuasion, boussole des États depuis des siècles, semble aujourd’hui relégué au second plan.


Georg Hegel, de son côté, considérait que punir n’était pas un acte de vengeance, mais de rétablissement de la justice. Le crime nie le droit, la punition le réaffirme. La peine est donc une forme de reconnaissance de l’adulte comme être moral – capable de répondre de ses actes. 

Mais notre époque, dans son désir de réparer plutôt que de sanctionner, semble parfois refuser d’assumer cette verticalité. 


Nietzsche y voyait un signe de faiblesse : une société trop “humaine”, trop compréhensive, qui perd le sens de la responsabilité. Dans La généalogie de la morale, il critique les civilisations qui, par souci de compassion, renoncent à affirmer leur force vitale.


Punir suppose un jugement clair, une hiérarchie des valeurs, une séparation entre le bien et le mal.


Réinsérer, en revanche, peut devenir un refuge : le mal serait un symptôme, pas un choix. La faute devient souffrance. Et l’auteur du crime, une victime parmi d’autres. 

Cette approche - sans doute sincère - dissuade-t-elle encore ? Rassure-t-elle les citoyens ? Répare-t-elle les victimes ?


Réservée aux violences… mais pas au vol ?


On en vient alors à se poser une question simple : qui mérite d’aller en prison ? 

Faut-il incarcérer un voleur à l’arraché ? Un fraudeur fiscal ? Un homme violent avec sa compagne ? L’opinion publique, souvent, hésite. Mais la justice, elle, tangue. Certains délits entraînent la prison ferme. D’autres, bien plus graves pour les victimes, s’en sortent avec des sursis ou des bracelets.


Cette incohérence crée une double perte : perte d’exemplarité (la peur du gendarme s’émousse), et perte de confiance dans l’institution. 

Quand l’exception devient la norme, la norme ne vaut plus rien.

Et face à cette cacophonie, l’administration pénitentiaire déborde. Plus de 82 000 détenus pour 62 000 places, et une promesse éternelle de “bâtir des prisons modernes”. Mais modernes pour quoi faire ? Punir mieux ? Ou punir moins ?


Le courage d’être juste


Réinsérer ne suffit pas. Lutter contre la récidive est essentiel, mais suppose d’abord de reconnaître l’acte et de lui donner une réponse forte. Pas nécessairement longue, mais claire. Pas brutale, mais lisible.


Punir n’est pas haïr. C’est protéger, et rappeler que vivre ensemble suppose des limites. Le refus de punir n’est pas un progrès – c’est parfois une lâcheté sociale, une peur de l’autorité, de la verticalité, de l’affrontement. 

La réinsertion, elle, ne peut réussir qu’après une reconnaissance sans détour de la faute.

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