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Saint Valentin la grande illusion romantique

Nicolas Guerté

Un article de

À la veille du 14 février, les vitrines rougissent, les fleuristes s’organisent, les restaurants affichent complet. Officiellement, on célèbre l’amour. Officieusement, on coche une case annuelle. La Saint-Valentin est devenue un rituel social, commercial, presque administratif. Une date où l’intime s’expose et où l’émotion se facture. L’illusion romantique n’est pas née d’hier : elle a simplement changé de costume.

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Nicolas Guerté
Des Lupercales au dîner aux chandelles


Bien avant les menus “Passion Intense”, Rome célébrait en février les Lupercales, fêtes païennes de fertilité dédiées à Faunus. On y invoquait la fécondité plus que la passion, la continuité du clan plus que l’extase amoureuse. Au Ve siècle, l’Église christianise la date en associant la fête à Valentin, prêtre martyr devenu symbole d’union. Le romantisme viendra beaucoup plus tard. La Saint-Valentin n’est pas née d’un bouquet de roses, mais d’un recyclage stratégique : transformer un rite charnel en célébration morale, puis en célébration marchande. L’histoire montre que l’amour public est toujours une construction.



Le rouge obligatoire

La Saint-Valentin ne laisse aucune place à la nuance : tout doit être rouge, visible, démonstratif. Roses calibrées, coffrets prêts à déclencher l’émotion sur simple présentation du ticket de caisse. L’amour a désormais son code couleur et son échéance annuelle. Il faut réserver, prouver, offrir. Le sentiment n’est plus discret ; il devient public, mesurable, comparable. Le 14 février agit comme une convocation : êtes-vous encore amoureux ? Veuillez le démontrer.



Le restaurant, scène nationale


Il suffit d’observer les tables alignées sous lumière tamisée. Deux coupes de champagne, un silence un peu trop long, un téléphone retourné écran contre bois verni. Renaud chantait : “C'est l' blues de maman papa qui s'en vont pis qu'assument pas? C'est l' blues de papa maman qui s'emmerdent au restaurant, Et ça se voit” !

La Saint-Valentin ressemble parfois à cela : une tentative de réparation sous décor romantique. On célèbre l’idée du couple plus que le couple lui-même. Le dîner devient un théâtre où l’on joue l’entente cordiale et l'on tente d'oublier, un instant... l'éducation des enfants !



Le kitsch comme camouflage


Cœurs en plastique, peluches géantes, desserts anatomiques approximatifs. Le kitsch protège : il évite la question essentielle. Que reste-t-il lorsque le décor disparaît ? Les menus à prix majoré promettent une soirée inoubliable, comme si la mémoire se décrétait à la commande. On photographie l’assiette avant de se regarder. Le rituel rassure. L’addition confirme. Le romantisme se consomme avec supplément. 



L’amour sous pression

Ne rien offrir devient suspect. Ne pas réserver frôle la faute. Ne rien publier suscite l’interrogation. La Saint-Valentin fonctionne comme un audit sentimental annuel. L’époque transforme l’affection en performance sociale : prouver que l’on aime, c’est désormais montrer que l’on dépense. Pendant ce temps, près d’un mariage sur deux se termine par un divorce en France : “Ça finit mal en général.” La lucidité s’invite au dessert.



Vertige


Demain, 14 février, des milliers de couples lèveront leur verre en jurant que “cette fois, c’est différent”. Peut-être que l’amour n’a jamais eu besoin d’un calendrier, ni d’un cœur gonflable, ni d’un menu imposé. Peut-être qu’il se cache dans ce qui ne s’achète pas : une fidélité sans témoin, un geste sans photo, une présence sans mise en scène. La Saint-Valentin vend l’illusion flamboyante d’un sentiment exceptionnel. La vie, elle, demande autre chose : durer. Et cela, aucune tradition recyclée, aucune vitrine rouge, aucun marketing sentimental ne sait le garantir.

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