top of page

🎯 Un autre journalisme est possible 👁️ TSVmag, un média libre, indépendant et participatif 💡 Parce que la vérité ne vous fait pas peur 🧠 Et que penser, c’est déjà agir ! ✍️ Abonnez-vous

NeuroNews

Partager NeuroNews 👉

112 enfants par jour

Nicolas Guerté

Un article de

En France, plus de 38 000 disparitions de mineurs ont été signalées en 2024. Soit environ 112 par jour. Un chiffre vertigineux qui cache des fugues, des enlèvements parentaux, des disparitions inquiétantes… et une société qui semble s’être habituée à voir disparaître ses enfants sans réellement s’arrêter.

Vos articles Favoris

à retrouver dans votre cockpit

DALL·E 2025-03-11 18.48.13 - A futuristic treasure chest glowing with a soft golden light,
ChatGPT Image 27 mars 2025 à 16_27_33.png

...

🎲 À lire aussi (au hasard)
Nicolas Guerté
Une disparition toutes les treize minutes


Le chiffre paraît irréel. Pourtant, il est officiel. Selon les données publiées par le dispositif européen 116 000 Enfants Disparus, 38 477 signalements de disparitions de mineurs ont été enregistrés en France en 2024. Cela représente plus de cent disparitions par jour. Une toutes les treize minutes environ.

Dans l’imaginaire collectif, la disparition d’un enfant reste associée aux grandes affaires criminelles qui bouleversent périodiquement le pays. Des visages placardés sur les écrans. Des villages fouillés. Des chaînes d’information en continu. Pourtant, la disparition d’un mineur est devenue un phénomène massif, presque quotidien, administrativement absorbé par les services de police, les associations et les institutions sociales.

La plupart de ces dossiers ne feront jamais la une d’un journal.



La grande majorité sont des fugues

Le terme même de “disparition” entretient parfois une confusion. Car il recouvre plusieurs réalités très différentes. En 2024, plus de 36 000 cas concernaient des fugues. Les enlèvements parentaux représentaient environ 665 situations. Les disparitions jugées inquiétantes dépassaient 1 300 cas.

Mais réduire ces chiffres à de simples “fugues” serait trompeur. Car une fugue n’est pas toujours un simple conflit adolescent. Les associations décrivent des jeunes en rupture familiale, des mineurs placés, des adolescents confrontés à des violences, des troubles psychologiques ou des phénomènes d’exploitation sexuelle.

Le rapport annuel du 116 000 souligne d’ailleurs un rajeunissement des fugueurs. Plus d’un tiers des mineurs concernés ont moins de quinze ans.

Disparaître jeune n’est donc plus un événement marginal. C’est devenu un symptôme social.



Les enfants de l’ASE, invisibles parmi les invisibles


Les professionnels de la protection de l’enfance alertent depuis plusieurs années sur la vulnérabilité particulière des mineurs placés à l’Aide sociale à l’enfance. Certains fuguent à répétition. D’autres deviennent des cibles faciles pour des réseaux d’exploitation ou de prostitution.

Dans plusieurs départements, policiers et éducateurs décrivent une mécanique désormais connue : des adolescents déjà fragilisés disparaissent quelques jours, réapparaissent, puis recommencent. Entre deux signalements, les institutions s’épuisent. Les dossiers s’empilent. Et la répétition finit parfois par anesthésier l’urgence. La disparition cesse alors d’être perçue comme un événement exceptionnel. Elle devient une catégorie administrative...



Une société ultra-connectée… incapable de retenir certains adolescents


Jamais une génération n’aura été autant géolocalisée, suivie, connectée, photographiée. Smartphones, réseaux sociaux, paiements numériques, vidéosurveillance : tout semble rendre la disparition plus difficile qu’autrefois.

Et pourtant, des milliers de mineurs disparaissent encore chaque année.

Les enquêteurs expliquent que les adolescents savent aussi utiliser ces outils pour brouiller les pistes : comptes multiples, téléphones jetables, géolocalisations désactivées, déplacements organisés via les réseaux sociaux. Certains disparaissent physiquement. D’autres disparaissent progressivement du regard des adultes bien avant le signalement officiel.

Beaucoup de fugues racontent moins une volonté de partir… qu’une impossibilité de rester.



Les disparitions qui mobilisent… et celles qui ne comptent plus


Certaines affaires bouleversent le pays pendant des semaines. D’autres ne franchissent jamais le cadre d’un commissariat ou d’une publication Facebook familiale. Cette hiérarchie implicite de l’émotion interroge.

Pourquoi certains visages deviennent-ils nationaux quand des milliers d’autres sombrent immédiatement dans le silence statistique ?

La réponse tient évidemment à la gravité des dossiers, à la médiatisation ou aux circonstances criminelles. Mais elle révèle aussi qu'une société moderne finit par absorber les drames lorsqu’ils deviennent trop nombreux.

Cent douze enfants disparaissent chaque jour en France. Et pourtant, le sujet reste largement absent du débat public. Comme si la répétition avait fini par neutraliser l’effroi lui-même.


À partir de quel moment une démocratie considère-t-elle qu’un phénomène devient normal ?

Lorsque quelques cas exceptionnels bouleversent le pays ? Ou lorsque des dizaines de milliers de disparitions annuelles cessent progressivement de provoquer une réaction collective durable ?

Chaque disparition commence toujours par une chambre vide, un téléphone coupé et des parents qui attendent.

Partager ce contenu

Commentaires

Partagez vos idéesSoyez le premier à rédiger un commentaire.
Fleche.png

Pour aller plus loin dans cette réflexion 🧠 le Bonus réservé à nos abonnés

Vous faites vivre ce média, la suite vous est réservée...

Ceux qui ne reviennent jamais

Ceux qui ne reviennent jamais

Certaines fugues durent quelques heures. D’autres quelques jours. Et puis il existe les plus terribles : celles qui ne se terminent jamais vraiment. Pas parce que l’enfant est forcément mort. Mais parce que personne ne saura jamais.

✨ Ce bonus exclusif est disponible pour les abonnés de la NeuroSphère.

🧠 12 € par an - Ce n’est pas un abonnement... C’est un acte de soutien !

🧠 Offrez-vous un cerveau plus brillant ✨ La carte cadeau TSVmag vous attend  👉 

bottom of page