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Violonistes au chômage, chefs d’orchestre remplacés par des algorithmes, concertos générés par prompts... L’intelligence artificielle semble bien décidée à faire une entrée fracassante dans la fosse. Faut-il applaudir ? Huer ? Ou simplement écouter ? Igor Sifensarc, lui, a déjà sorti ses bouchons d’oreille.
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Igor Sifensarc
La musique sans musiciens ?
On pensait que le métier d’altiste était à l’abri de la robotisation. Après tout, qui voudrait supprimer ce plaisir étrange qu’est l’accordage en la mineur devant 800 spectateurs ?
Et pourtant, voici que des IA composent, improvisent, réinterprètent. Elles ne mangent pas, ne ratent pas leur entrée, ne demandent pas de pause syndicale. Pire : elles ne coûtent (presque) rien.
Le Philharmonique version Python
Des startups proposent déjà de remplacer les musiciens d’accompagnement par des avatars synthétiques. Pourquoi mobiliser 80 humains quand un seul codeur suffit à les faire apparaître en temps réel ? Certains applaudissent l’efficience. D’autres crient à la trahison artistique.
Mais soyons honnêtes : entre un concert raté par un humain enrhumé et une exécution parfaite par un logiciel… qui choisit encore l’émotion ?
La nostalgie vend mieux que la vérité
Le public, lui, reste ambigu. Il dit aimer les artistes vivants, mais streame des playlists générées. Il pleure devant une captation de Karajan, puis enchaîne sur une « sonate chill » créée par une IA suédoise.
En réalité, nous sommes déjà des consommateurs hybrides : on veut l’émotion humaine… mais sans ses caprices. L’orchestre reste un décor rassurant, comme une cheminée Netflix à Noël.
Et si l’orchestre disparaissait ?
Les jeunes générations ne vont plus au concert. Et quand elles y vont, c’est pour filmer un moment et le poster en silence.
L’orchestre, dans sa forme classique, vit peut-être ses derniers soupirs — du moins dans les salles. Mais dans les films, les jeux vidéo, les musiques de pub… il survit, ressuscité à coup de samples, de banques de sons et d’astuces IA.
Ce que l’IA ne pourra jamais faire
L’IA peut jouer juste. Elle peut même générer une surprise harmonique crédible. Mais elle ne sait pas transpirer. Elle ne sait pas regarder un pupitre avec angoisse. Elle ne sait pas tricher. Bref, elle ne sait pas être humaine.
Et c’est peut-être cela que l’on vient chercher dans un vrai concert : l’accident. L’émotion d’un archet qui glisse. La beauté d’une intention imparfaite.
L’intelligence émotionnelle d’un hautbois
Je m’autorise ici une digression. J’ai joué du hautbois dans une vie antérieure — oui, ce long tube de bois que personne ne réclame en bis. Et je me souviens encore du générique de fermeture d’Antenne 2 illustré par Folon, où le hautbois dessinait en sons ce que l’animation traçait en lignes : de la douceur, du mystère, un souffle.
Jamais je n’ai entendu une IA faire pleurer un générique. On peut lui demander d’imiter. Pas de ressentir. Le hautbois ne pardonne pas : il trahit l’âme du souffle. Pas sûr qu’un processeur y survive.
🎥 Voir le générique d’Antenne 2 illustré par Folon
Conclusion
Non, l’IA ne va pas voler nos orchestres.
Elle va simplement les rendre moins nécessaires pour une partie du monde.
L’autre partie — celle qui frissonne au silence entre deux notes — continuera à tendre l’oreille.
Même si, parfois, elle devra payer plus cher pour le privilège d’entendre un violoniste humain éternuer entre deux adagios.
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Quand l’IA compose, que reste-t-il à l’oreille humaine ?
Certaines IA composent des symphonies. D’autres remixent Bach. Et d’autres encore génèrent des ambiances sonores de relaxation pour chats.
Mais au fond, entre prouesse technique et vacuité mélodique, que vaut vraiment la musique de l’intelligence artificielle ?
Igor Sifensarc est allé écouter. Tout écouter. Et il a fini par organiser un débat. Entre un hautbois... et un robot.
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