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L’Hermione, patrimoine sous perfusion

Aldrine Autrumay

Un article de

Demain 28 janvier, le tribunal doit se prononcer sur l’avenir de L’Hermione. Le vocabulaire employé par ceux qui suivent le dossier est sans détour : pronostic vital engagé. La frégate emblématique, réplique d’un navire du XVIIIᵉ siècle, pourrait ne jamais reprendre la mer. La décision attendue n’est pas symbolique. Elle dira si le projet peut survivre, être repris, prolongé… ou s’arrêter. Et avec lui, une certaine idée du patrimoine vivant.

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Aldrine Autrumay
Demain, un tribunal face à un navire


Ce que le tribunal examinera demain n’est pas l’Histoire de France, ni la geste héroïque de La Fayette. Il s’agira d’une décision très contemporaine : une association est-elle en capacité financière de poursuivre sa mission ? Le chantier peut-il continuer ? Existe-t-il une reprise crédible, un avenir économiquement soutenable ? La justice ne juge pas la beauté d’un navire, mais la solidité d’un modèle. Et c’est précisément ce qui provoque un malaise : car L’Hermione n’est pas un simple actif, mais un objet culturel, technique et humain d’une rare complexité.



L’Hermione, bien plus qu’une réplique


Construite à Rochefort pendant près de vingt ans, L’Hermione n’a jamais été pensée comme une coque figée destinée à un quai. Elle a navigué, traversé l’Atlantique, accueilli des équipages, formé des marins, suscité une ferveur populaire rarement atteinte pour un projet patrimonial. Elle a remis en jeu des savoir-faire anciens, redonné corps à une marine de bois, de toile et de cordages, et rappelé qu’un patrimoine peut être regardé… mais aussi manœuvré, éprouvé, transmis par l’expérience... ou condamné à couler, corps et biens !



Pourquoi Bayonne n’est pas un détail


Si le navire est aujourd’hui immobilisé au Pays basque, ce n’est ni par hasard ni par exil. Bayonne est un port d’histoire, de commerce et de chantiers. On y sait travailler le bois, réparer, renforcer, prolonger la vie des navires. La présence de L’Hermione à Bayonne s’inscrit dans une continuité maritime ancienne : celle des ports qui n’exposent pas seulement la mer, mais la pratiquent. Que ce port accueille aujourd’hui un navire en difficulté ajoute une dimension presque symbolique à la situation : c’est dans un lieu de savoir-faire que l’on s’interroge sur la possibilité de continuer.



Un cas emblématique, mais pas isolé


L’Hermione attire l’attention parce qu’elle est célèbre, spectaculaire, chargée d’imaginaire national. Mais elle n’est pas seule. Partout en France, des associations se battent pour maintenir à flot des bateaux anciens, parfois beaucoup plus modestes, souvent invisibles médiatiquement. À La Turballe, par exemple, le bateau de pêche Au gré des vents survit grâce à l’engagement obstiné de bénévoles. Pas de traversée transatlantique ici, pas de mythe fondateur, mais une mémoire du travail, des gestes, d’une pêche artisanale encore récente, déjà menacée d’oubli.



Le paradoxe français du patrimoine


La France consacre des moyens considérables à la recherche archéologique, à la fouille, à la conservation de vestiges parfois réduits à quelques fragments. Cet effort est légitime, précieux, nécessaire. Mais il interroge lorsqu’en parallèle, des patrimoines plus récents, encore fonctionnels il y a peu, sont laissés à leur sort. Comme si nous savions parfaitement protéger ce qui ne bouge plus, mais beaucoup moins ce qui vit encore. Comme si un objet devenait vraiment respectable une fois définitivement immobile, muet, hors d’usage.



L’Hermione nous questionne


Le sort de L’Hermione dépasse largement le cadre d’un redressement judiciaire. Il pose une question simple et vertigineuse : voulons-nous transmettre des traces ou des pratiques ? Des objets figés ou des savoir-faire incarnés ? Un bateau à quai raconte une histoire. Un bateau qui navigue la prolonge. Demain, le tribunal rendra une décision juridique. Mais la réponse culturelle, elle, nous appartient collectivement. Car laisser mourir un patrimoine vivant, ce n’est pas seulement perdre un navire. C’est accepter qu’un pan de notre mémoire cesse de respirer.


La France, décidément, n’aime pas les conservateurs au sens noble du terme : ceux qui maintiennent, entretiennent, transmettent ce qui vit encore. Elle leur préfère volontiers les antiquaires de l’Histoire, gardiens appliqués de ce qui est mort, classé, inoffensif. Elle se méfie de ses périodes de grandeur, de ses élans, de ce qui rappelle qu’elle a brillé ; elle se rassure davantage dans les temps où elle était soumise, fragmentée, vaincue : car ces ruines-là ne demandent plus aucun courage.


En d’autres temps, on appelait cela un abandon. Michel Sardou le chantait déjà, en 1975, quand Le France quittait le quai sous les applaudissements gênés d’un pays qui ne savait plus quoi faire de ses symboles.

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Commentaires (1)

serge2983
27 janv.

Le déficit 2025 de France TV est de 70 millions d'euros et ce tribunal des flagrants délires va prononcer la liquidation de la frégate Royale ? Il ne manque que 1,5 million d'€ pour continuer le chantier et 5 millions pour le terminer...L'équipe de passionnés repreneurs tient la route, de qui se moque t'on ? L'alibi de l'occupation de la cale de radoub de Bayonne (Ou plutôt d'Anglet à quelques mètres près ) empêchant les carénages depuis 4 ans ne tient pas ! Cette cale était sous employée....Il suffirait pourtant que 15000 pékins fassent un don de 100€ déductibles pour que l'hermione appareille... Pauvre France

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Dans le ventre de L’Hermione

Dans le ventre de L’Hermione

La nuit tombe sur l’Atlantique. À bord de L’Hermione, le bois travaille encore sous l’effet du roulis. L’odeur est partout : sel, goudron, chanvre humide, sueur. On ne “vit” pas vraiment sur ce navire, on y tient. On y endure. Les hamacs grincent, les corps s’entassent, les conversations s’éteignent vite, étouffées par le vent et la fatigue. La mer n’est pas hostile ce soir, mais elle seule... est éternelle. Elle rappelle seulement que tout ici est provisoire.

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