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Le monastère laïc du capitalisme mondial

Quentin Règles

Un article de

Le Forum économique mondial ouvre ce mardi 20 janvier à Davos, en Suisse. Pendant une semaine, plus de 2 500 participants - chefs d’État, ministres, dirigeants de multinationales, banquiers centraux, responsables d’organisations internationales et experts scientifiques - s’y retrouvent.

Officiellement, on y parle d’intelligence artificielle, de sécurité mondiale, de croissance, de climat et de santé. Officieusement, Davos reste l’un des rares lieux où les puissants du monde peuvent se parler hors micros, hors votes, hors contraintes institutionnelles...

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Quentin Règles
Pourquoi Davos ?

Davos n’est ni une capitale ni un centre financier. C’est un village alpin, isolé, difficile d’accès, presque vide hors saison. Et c’est précisément pour cela qu’il a été choisi.

Neutralité suisse, isolement géographique, sécurité maîtrisable, climat propice au retrait : Davos n’est pas un lieu de passage, mais un lieu de mise à distance. On s’y extrait du tumulte mondial pour penser le monde. Davos fonctionne comme un temps suspendu, un espace clos où l’on discute de tout, sans jamais décider officiellement de rien.

Un monastère, en somme. Mais un monastère sans silence. Et sans ascèse.



1971 : une invention managériale


À l’origine, Davos n’est pas politique. En 1971, l’économiste Klaus Schwab fonde l’European Management Forum. L’objectif est simple : aider les entreprises européennes à rattraper leur retard sur le management américain.

Klaus Schwab le résumera plus tard ainsi :

« Les entreprises ne doivent pas servir uniquement les actionnaires, mais la société dans son ensemble. »

Le propos est déjà idéologique, mais encore technocratique. Ce n’est qu’en 1987, lorsque le forum devient officiellement le World Economic Forum, que Davos change de dimension. Les dirigeants politiques s’y installent durablement. Le forum devient un carrefour.



Quand Davos a vraiment compté


Il y a eu des Davos décisifs.

En 1988, Davos sert de terrain neutre à une désescalade entre la Grèce et la Turquie, au bord d’un affrontement militaire. Ce jour-là, le forum prouve qu’il peut être autre chose qu’un salon feutré : un espace diplomatique officieux.

En 1992, la rencontre entre Nelson Mandela et F. W. de Klerk symbolise l’après apartheid. Davos incarne alors l’idée d’un monde pacifié par l’économie et la coopération.

Mandela y déclarait :

« La croissance économique sans justice sociale n’a aucun sens... »



2001 : la fin de l’innocence

Après les attentats du 11 septembre, Davos change de ton. Sécurité, terrorisme, vulnérabilité des sociétés ouvertes deviennent centraux. L’économie n’est plus autonome. Elle est exposée, fragile, politique.

Puis vient 2008. La crise financière secoue Davos de l’intérieur. On y parle de responsabilité, de régulation, de refondation du capitalisme. Mais les réformes structurelles restent limitées. La défiance s’installe.

Christine Lagarde, alors directrice du FMI, y reconnaissait :

« Nous avons sous-estimé les risques de la dérégulation. »



2020 : le dernier Davos d’avant


Janvier 2020. On débat de climat, de durabilité, de transition. Quelques semaines plus tard, la planète se confine. Ce Davos apparaît rétrospectivement comme aveugle, non par cynisme, mais par décalage.

La pandémie révèle ce que Davos pressentait sans l’admettre : les décisions majeures se prennent ailleurs. Dans les États. Dans les laboratoires. Dans les entreprises technologiques. Parfois sur les champs de bataille. 



De gouvernail à thermomètre

Aujourd’hui, Davos ne pilote plus le monde. Il en prend la température. Il capte les inquiétudes des élites, leurs priorités, leurs contradictions. Il révèle ce qui monte - intelligence artificielle, santé, sécurité - et ce qui s’effondre : la croyance dans une mondialisation fluide et consensuelle.

À Davos, Emmanuel Macron a lâché une phrase qui dépasse largement son auteur :

« Nous vivons la fin de l’abondance. »

Davos continue pourtant de fonctionner comme si cette fin ne concernait jamais ceux qui s’y retrouvent.



Pourquoi Davos continue malgré tout


Parce qu’aucun autre lieu ne rassemble, au même moment, autant de pouvoirs différents. Parce que même affaibli, ce monastère laïc reste un miroir. Et parce que comprendre ce miroir, c’est encore comprendre comment ceux qui gouvernent pensent le monde... ou tentent de le penser.


Davos ne décide rien officiellement.

Mais il consacre.

Il désigne ce qui est raisonnable, ce qui est audible, ce qui est fréquentable.

Ceux qui s’y retrouvent rentreront chez eux en jurant servir leur nation.

Rien ne prouve le contraire.

Mais à force de se parler entre semblables, on finit toujours par confondre l’intérêt général avec l’intérêt du cercle.

Le monastère se veut neutre.

Le dieu argent, lui, brûle parfois les doigts... et ramollit les consciences.

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