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Les meutes d’émeutes

Quentin Règles

Un article de

Quand la jeunesse devient bras armé des causes...

À Lyon, un lynchage. Le mot est celui du procureur. Un homme isolé frappé par plusieurs individus. L’enquête judiciaire dira les responsabilités individuelles. La réaction immédiate rassure. La réflexion dérange. C’est la seconde que nous choisissons : comment des jeunes en viennent-ils à agir en meute au nom d’une cause ? Et quelle part de responsabilité morale incombe à ceux qui les exaltent ?

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Quentin Règles
Les condamnations, unanimes... et nécessaires


Au lendemain du drame, les réactions ont été nombreuses.

Emmanuel Macron a dénoncé « la haine qui tue » et appelé au « calme et à la retenue »..

François-Xavier Bellamy, sur France Info, a rappelé que « la violence ne peut jamais être un moyen légitime d’action politique ».

Même Jean-Luc Mélenchon, acculé, a écrit : « Ne jetons pas d’huile sur le feu et n’encourageons pas à faire justice soi-même. »

Ces phrases sont justes. Elles sont nécessaires.

Elles disent le minimum républicain.

Sébastien Lecornu - à l’Assemblée nationale - a rappelé que la violence politique ne saurait trouver d’excuse. François Hollande, place de la Concorde, a évoqué la gravité du moment et la nécessité du calme. Les mots, parfois, portent une clarté qui élève le débat. D’autres fois, prononcés dans un autre contexte, ils semblent chargés d’arrière-pensées. La frontière est mince entre la grandeur de la condamnation et la tentation du calcul.

Jordan Bardella jubile. Olivier Faure se terre. Nul n’est dupe des stratégies, des repositionnements, des prudences soudaines. Mais arrêtons-nous là. Nous ne voulons pas ajouter à la mêlée. Ce texte ne cherche pas à départager les postures. Il cherche à comprendre pourquoi, derrière les mots, la mécanique de la meute demeure.



Avant les condamnations, les mots


Les mots précèdent souvent les coups.

En juin 2025, lorsque le gouvernement a dissous la Jeune Garde, Jean-Luc Mélenchon dénonçait un « signal terrible de contresens politique », affirmant que « dans un pays libre, des opinions libres ne sont pas un crime ».

Il évoquait aussi ces militants comme des « camarades » présents pour protéger des marches.

Rien d’illégal dans ces déclarations.

Mais elles illustrent une réalité politique ancienne : la jeunesse militante est valorisée, flattée, investie d’un rôle d’avant-garde.

Or l’histoire montre que l’avant-garde peut glisser vers la milice lorsque la frontière entre protection et confrontation se brouille.



La logique de meute

La meute n’est ni de gauche ni de droite. Elle est humaine.

On la retrouve dans certaines manifestations écologistes où l’on vient avec des battes, des casques renforcés, des protections.

On la retrouve dans des cortèges identitaires prêts à “en découdre”.

On la retrouve partout où l’adversaire cesse d’être un contradicteur pour devenir une cible.

Le maintien de l’ordre - au sens noble - consiste à éviter que ses propres troupes ne basculent.

Historiquement, les grandes organisations syndicales savaient encadrer leurs manifestations.

Encadrer, c’est empêcher le débordement.

Venir équipé pour frapper, ce n’est plus encadrer. C’est anticiper, souhaiter, provoquer la violence...



L’antifascisme et le miroir


Condamner le fascisme tout en adoptant ses méthodes pose une question morale simple : peut-on combattre une idéologie autoritaire par des pratiques autoritaires ?

La République repose sur une règle élémentaire : l’adversaire politique n’est pas un ennemi à éliminer.

Quand un camp se convainc d’incarner le Bien absolu, il justifie plus facilement l’excès.

Et quand des leaders exaltent la pureté d’une jeunesse mobilisée, ils prennent le risque de la voir agir au-delà de ce qu’ils avaient imaginé.

Tous les camps ont, un jour, flirté avec cette tentation.



L’instrumentalisation de la liberté


La jeunesse est malléable. Elle cherche un sens. Elle veut agir.

C’est sa beauté et sa fragilité.

La politique peut former des citoyens.

Elle peut aussi fabriquer des soldats.

Transformer un campus en meeting permanent, en champ d’adhésion identitaire, en terrain de confrontation, ce n’est plus former des esprits critiques : c’est recruter des troupes.

Or la liberté ne se prouve pas à coups de poing.

Elle se défend par la retenue et s’arrête là où commence celle des autres...



Ce qui devrait nous inquiéter


Le danger n’est pas l’union des gauches, du centre ou l’union des droites.

Le danger est la tribalisation.

Quand “mon camp” devient vertueux par définition, quand l’autre devient une menace ontologique, quand le slogan remplace la pensée, la meute n’est jamais loin. Les loups ne portent pas toujours d’uniforme. Parfois, ils portent des certitudes, des appartenances et des couleurs d’affiche.



La dignité contre la meute


Le courage politique n’est pas d’exalter la jeunesse.

C’est de la protéger d’elle-même.

Le courage militant n’est pas de frapper plus fort.

C’est de rester au-dessus.

La démocratie n’a pas besoin d’avant-gardes.

Elle a besoin d’adultes.

Et la République d’esprits libres,

pas de dévots.

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Commentaires (1)

Francois Singer
Francois Singer
19 févr.

Cela claque !

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La tentation de la meute

La tentation de la meute

Nous ne voulons pas ajouter un article de plus à la chaleur des réactions.

Nous voulons comprendre ce qui, depuis des siècles, transforme l’ardeur en milice et l’engagement en meute. Des chemises noires aux hashtags contemporains, des amphithéâtres exaltés aux rues enflammées, l’histoire montre une mécanique persistante : lorsque la jeunesse est exaltée comme avant-garde morale, la frontière entre protection et confrontation peut se brouiller. Ce texte n’accuse pas une génération. Il interroge un mécanisme.

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