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L’IA a bon dos : quand la technologie absorbe les fautes économiques

Irène Adler

Un article de

Licenciements, restructurations, suppressions de postes... depuis deux ans, un mot revient comme une évidence stratégique : intelligence artificielle ! L’argument semble imparable. Moderne. Inévitable. Presque neutre. Mais derrière ce récit technologique, les chiffres racontent une histoire plus complexe... et parfois plus dérangeante.

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Aux États-Unis, les annonces de licenciements ont atteint des niveaux rarement observés depuis la crise financière de 2009 : environ 1,1 million de suppressions de postes ont été annoncées en 2025 et plus de 100 000 suppressions de postes annoncées en un seul mois au début de l’année 2026. Dans la tech, 150 000 emplois ont été supprimés en 2025.

L’explication officielle revient souvent : l’intelligence artificielle permet de faire plus avec moins.

Pourtant, une analyse d’Oxford Economics rappelle une réalité plus nuancée :

« Seuls 55 000 licenciements attribués à l’IA ont eu lieu aux États-Unis en 2025 : soit environ 4,5 % des suppressions totales. La majorité des réductions d’effectifs relève de conditions économiques générales et de coupes budgétaires classiques. »

Autrement dit : l’IA est invoquée bien au-delà de son poids réel dans les chiffres.



Le “maquillage technologique” : un récit commode


Dans la presse anglo-saxonne, certains dirigeants ont dénoncé ce qu’ils appellent le AI-washing, que l’on peut traduire par « maquillage à l’intelligence artificielle ».

L’expression désigne une pratique simple : présenter une réduction d’effectifs comme la conséquence directe de l’automatisation, alors qu’elle relève d’une stratégie de réduction de coûts ou d’une anticipation de ralentissement économique.

Sam Altman, dirigeant d’OpenAI, a lui-même mis en garde contre cette facilité :

« Certaines entreprises utilisent l’IA pour masquer des licenciements qui auraient eu lieu de toute façon. »

Le propos est frappant : même au cœur de l’écosystème technologique, l’usage rhétorique de l’IA est reconnu.



Un décalage brutal entre dirigeants et salariés


Une étude récente en ressources humaines révèle une asymétrie significative : 46 % des dirigeants affirment avoir réduit leurs effectifs en raison de l’IA.

Mais seuls 12,4 % des salariés concernés identifient réellement l’automatisation comme cause directe de leur départ.

Cette divergence interroge. Elle suggère moins une révolution technologique immédiate qu’un glissement progressif.

Pour les salariés, l’impact est tangible : les licenciements associés à l’IA sont perçus comme plus définitifs, plus difficiles à compenser, plus anxiogènes.

« Les licenciements liés à l’IA rallongent la durée de recherche d’emploi et accélèrent la nécessité de reconversion. »

Le mot “intelligence artificielle” agit comme un verdict sans appel.

On ne conteste pas une machine.



Le contexte économique oublié


La France, comme plusieurs économies européennes, traverse une période structurellement fragile : croissance faible, marges industrielles comprimées, coûts énergétiques élevés, dette publique massive, compétitivité relative en recul dans certains secteurs.

Dans un tel environnement, les plans sociaux ne relèvent pas uniquement de la technologie. Ils répondent à des contraintes plus anciennes : productivité stagnante, pression actionnariale, concurrence internationale.

Or, évoquer l’IA présente un avantage narratif décisif : la responsabilité devient diffuse. La décision semble imposée par le progrès plutôt que par un choix stratégique.

Plutôt que d’assumer une réduction de coûts classique ou un modèle devenu fragile, l’entreprise invoque l’algorithme.

La technique absorbe la faute.



Transformation réelle, exagération immédiate


Il serait naïf, toutefois, de nier l’impact de l’IA.

Le Fonds monétaire international estime qu’environ 40 % des emplois dans les économies avancées seront affectés à des degrés divers par l’intelligence artificielle : transformation des tâches, redéfinition des compétences, automatisation partielle.

Mais “affecté” ne signifie pas supprimé.

Historiquement, les grandes ruptures technologiques ont surtout modifié les tâches avant de détruire des métiers entiers.

La machine à vapeur n’a pas aboli le travail ; elle l’a déplacé.

L’informatique n’a pas supprimé l’administration ; elle l’a reconfigurée. Et, en France, elle ne s'est jamais aussi bien portée !

La polarisation actuelle touche surtout les emplois intermédiaires - fonctions administratives, traitement répétitif de données - tandis que les métiers hautement qualifiés ou très manuels résistent mieux.

Le phénomène est structurel. Il n’est pas instantané.



Le vrai risque : confondre progrès et déresponsabilisation


Le débat n’est pas technologique. Il est politique et managérial.

Si une entreprise remplace des équipes par des systèmes automatisés, qu’elle l’assume.

Si elle réduit ses effectifs pour préserver sa rentabilité dans un contexte dégradé, qu’elle le dise.

L’IA ne devrait ni servir d’épouvantail, ni de cache-misère.

Elle transforme le travail.

Mais elle n’explique pas tout.

La facilité contemporaine consiste à attribuer aux algorithmes ce qui relève parfois d’arbitrages humains, de stratégies financières ou d’erreurs économiques, politiques et stratégiques passées.

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