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Vendredi 13 : pourquoi on y croit encore

Aldrine Autrumay

Un article de

Ce vendredi 13 mars 2026, certains éviteront les rendez-vous importants, d’autres tenteront leur chance au Loto, et beaucoup jureront en riant qu’ils ne sont “pas superstitieux”… tout en touchant du bois. D’où vient cette vieille peur, et pourquoi résiste-t-elle si bien à l’époque des algorithmes ?

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Le vendredi 13 n’est pas une vérité tombée du ciel. C’est une construction lente, un millefeuille d’images et de récits. Dans le monde chrétien, le vendredi garde la mémoire de la crucifixion ; le nombre 13, lui, a longtemps été regardé avec méfiance parce qu’il rompt l’harmonie du 12, chiffre de l’ordre achevé, des mois, des signes, des apôtres. À cela s’ajoute le souvenir célèbre de la Cène : treize convives autour de la table, et l’idée tenace qu’un treizième invité - Judas - apporte le désordre, sinon la mort.



Les Templiers n’y sont peut-être pas pour rien


En France, impossible d’échapper à l’autre grand récit : le vendredi 13 octobre 1307, Philippe le Bel fait arrêter les Templiers. L’épisode a frappé l’imaginaire au point d’être régulièrement invoqué comme l’une des sources du mythe. Les historiens restent prudents : ils ne disent pas que toute la superstition naît ce jour-là, mais ils reconnaissent que cette coïncidence historique a puissamment nourri la légende noire de la date. Ce n’est pas une origine unique ; c’est un accélérateur de mémoire.



La peur a même un nom savant


Comme toujours avec les vieilles peurs, la modernité a commencé par les baptiser. La crainte du vendredi 13 possède son mot savant : paraskevidékatriaphobie. Rien que le terme semble inventé pour faire reculer les sceptiques. Britannica rappelle aussi que la peur du simple nombre 13, la triskaïdékaphobie, a laissé des traces concrètes dans la vie quotidienne : des hôtels sautent la chambre 13, des immeubles effacent le 13e étage, des compagnies préfèrent éviter la rangée 13. La superstition n’est donc pas seulement dans les têtes ; elle modifie les usages, l’architecture et le commerce.



La France adore ce qu’elle prétend redouter


C’est là que le sujet devient délicieusement français. Le vendredi 13 effraie, bien sûr, mais il excite tout autant. La FDJ a encore mis en avant un Super LOTO spécial pour ce vendredi 13 mars 2026, avec jackpot dédié et codes gagnants renforcés. En février 2026 déjà, un vendredi 13 avait donné lieu à un tirage spécial et à deux jackpots remportés. En clair : nous disons nous méfier du nombre 13, tout en nous précipitant vers lui quand il promet de l’argent. Il y a dans cette date une hypocrisie nationale charmante : nous appelons “malchance” ce que nous traitons comme un porte-bonheur déguisé.



Ce n’est pas la preuve qui gouverne, c’est le récit


Une étude publiée en 1993 dans le British Medical Journal (BMJ) avait observé une légère hausse des admissions à l’hôpital après des accidents de la route un vendredi 13 au Royaume-Uni. Les chercheurs restaient cependant prudents : d’autres travaux n’ont jamais confirmé de tendance claire. Autrement dit, le danger ne vient probablement pas du calendrier… mais de l’attention nerveuse qu’il suscite...



Une superstition parfaite pour le monde moderne


Le vendredi 13 a survécu parce qu’il est idéal pour notre époque. Il ne demande ni foi profonde, ni rituel compliqué, ni effort intellectuel. Il suffit d’un sourire un peu crispé, d’un message envoyé à un ami, d’un billet de loterie, d’un petit détour intérieur. On n’y croit pas tout à fait ; on s’y soumet juste assez pour que le sort ait encore une place. C’est une superstition douce, presque mondaine, un vieux théâtre de poche que la modernité conserve parce qu’elle aime encore frissonner sans trop y laisser de plumes. Nous savons que ce jour n’a pas de pouvoir, mais nous continuons à lui en prêter un, comme on entretient une légende de famille... dont personne ne veut vraiment vérifier le fond.


Le vendredi 13 ne nous fait pas peur parce qu’il serait maudit. Il nous fascine parce qu’il rappelle que même bardé de science, l’être humain - a besoin - adore garder une petite place pour l’inexplicable.

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