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Le Trophée Jules-Verne : faire le tour du monde plus vite que le temps

Frison Gaspier

Un article de

Il n’y a pas de ligne de départ officielle, pas de peloton, pas de médaille. Juste une ligne invisible sur l’océan, un chronomètre implacable et une obsession : faire le tour du monde à la voile plus vite que quiconque. Le Trophée Jules-Verne n’est pas une course comme les autres. C’est une poursuite du temps lui-même.

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Le Trophée Jules-Verne est sans doute le plus littéraire des défis sportifs modernes. Son nom ne vient pas d’un sponsor ni d’une fédération, mais d’un écrivain. Jules Verne, et son héros Phileas Fogg, avaient posé la question dès 1872 : jusqu’où peut-on comprimer le monde ?

Dans les années 1980, quelques marins visionnaires transforment cette intuition en défi réel : réaliser le tour du monde à la voile, sans escale et sans assistance, le plus vite possible. Aucun calendrier imposé. Chacun attend sa fenêtre météo. Le monde devient une piste libre.



Le premier à faire tomber le mythe


Le premier record officiel du Trophée Jules-Verne est établi en 1993 par Bruno Peyron, à bord du catamaran Commodore Explorer.

Temps réalisé : 79 jours et 6 heures.

Incroyable coïncidence : juste sous la barre des 80 jours imaginés cent vingt et un ans plus tôt, en 1872, par le génial Jules Verne dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours.

À l’époque, c’est déjà une révolution. Pour la première fois, l’humanité boucle le globe à la voile en moins de trois mois. Le Trophée Jules-Verne entre dans l’histoire, et une certitude s’installe : ce record ne cessera d’être attaqué, rogné, comprimé.



Une course contre l’océan… et contre soi


Contrairement au Vendée Globe ou à la Route du Rhum, ici, il n’y a pas d’adversaire visible. Le seul ennemi, c’est le temps.

Chaque équipage compare sa progression à un fantôme : le détenteur du record en cours. Chaque retard est une angoisse. Chaque avance, une promesse fragile. La moindre avarie, le moindre choix météo raté, et la tentative est abandonnée. Le trophée ne récompense pas la bravoure, mais la perfection.



De Peyron à Joyon : la compression du monde


Les décennies suivantes voient le monde rétrécir à une vitesse vertigineuse. Multicoques géants, foils, matériaux composites, météo satellitaire…

En 2017, Francis Joyon et son équipage sur IDEC Sport établissent le record absolu :

40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes.

Moins de six semaines pour encercler la planète. Jules Verne aurait souri.



Coville, Ultim 3 et la tentation du possible


Lundi 15 décembre 2025, à 21 h 01 (heure française), Thomas Coville s’est élancé à son tour à l’assaut du Trophée Jules-Verne à bord de Sodebo Ultim 3. Après avoir quitté Lorient quelques heures plus tôt, le trimaran a franchi la ligne de départ symbolique située entre le phare de Créac’h, au large d’Ouessant, et le cap Lizard, en Angleterre.


Ce départ n’a rien d’un hasard. L’équipage a attendu patiemment l’ouverture d’une fenêtre météo favorable, un alignement rare de vents portants dans l’Atlantique Nord, offrant l’espoir d’une descente rapide vers l’équateur : condition presque indispensable pour espérer rivaliser avec le record.

À 56 ans, Coville connaît la cruauté de ce trophée, qui ne pardonne rien. Ici, la mer n’offre aucune seconde chance : soit la planète accepte d’être traversée à grande vitesse, soit elle referme la porte.

La plupart des tentatives échouent. Mais chaque départ porte la même promesse : celle de réécrire le rapport de l’homme au monde, en quelques dizaines de jours seulement.



Un monde qui se plie… mais ne cède jamais


Faire le tour du monde à plus de 30 nœuds de moyenne ne signifie pas dominer l’océan. Cela signifie négocier en permanence avec lui. Le Trophée Jules-Verne n’est pas une victoire sur la nature, mais un dialogue tendu, exigeant, presque humble.

Les marins ne forcent pas le globe. Ils attendent qu’il accepte de se laisser traverser.



Le clin d’œil de Jules Verne : gagner en perdant une journée


Dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours, Phileas Fogg gagne son pari grâce à un détail que personne n’avait vu venir : le décalage horaire. En voyageant vers l’est, il gagne une journée entière sans le savoir.

Le roman - comme ses adaptations cinématographiques - rappelle que le temps n’est jamais aussi simple qu’il en a l’air.

Un clin d’œil savoureux, quand on sait que les marins du Trophée Jules-Verne, eux aussi, traversent les fuseaux horaires à toute vitesse… mais sans jamais pouvoir tricher avec le chronomètre.


Ici, aucune journée gratuite. Juste la mer, le vent, et ce rêve ancien : aller plus vite que le monde, sans jamais lui échapper.

Et dire que, pendant ce temps, la Terre elle-même tourne sur son axe à près de 1 670 km/h à l’équateur, dans un silence parfait. Une vitesse vertigineuse… qui rappelle que même lancés à toute allure, les marins du Trophée Jules-Verne ne font, au fond, qu’accompagner le mouvement.

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