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Anne Hidalgo, maire de Paris, se trouve au cœur d’un nouveau scandale : 84 200 € de vêtements de luxe réglés sur le budget municipal, près de 120 000 € de voyages, et un déplacement à Tahiti devenu une affaire judiciaire. Au moment où la dette de la capitale frôle les 9,3 milliards d’euros, ces dépenses posent une question plus vaste : comment la gauche parisienne en est-elle venue à applaudir ce qu’elle prétendait jadis combattre ? Le privilège, l’opacité, la distance avec le peuple...
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Irène Adler
Le grand déballage des factures
Les chiffres sont secs, implacables. Entre 2020 et 2024, Anne Hidalgo a fait passer à la comptabilité municipale 84 200 € de frais de représentation, consacrés pour l’essentiel à des vêtements. Non pas de simples tailleurs de fonction, mais des robes Dior à plus de 6 000 €, un manteau Burberry à plus de 3 000 €, des souliers Repetto, des blouses signées Gérard Darel. À cette garde-robe de luxe s’ajoutent des frais de déplacements estimés par certains médias à environ 120 000 € sur la même période.
Tout cela survient dans un contexte où la dette de la Ville de Paris atteindra 9,3 milliards d’euros fin 2025. L’addition est plus symbolique que comptable : Quand la capitale s’endette, sa maire s’habille en Prada !
Tahiti-gate : l’escapade devenue affaire d’État
Automne 2023 : la maire de Paris s’envole pour la Polynésie française. Officiellement, il s’agit de préparer l’épreuve de surf des Jeux olympiques à Teahupo’o. En réalité, l’agenda bascule vite en polémique. Hidalgo ne mettra jamais les pieds sur le site de compétition. Le séjour se prolonge en privé. Le coût total est évalué à près de 60 000 €.
L’affaire aurait pu s’arrêter là, mais elle prend une tournure judiciaire. Le Parquet national financier ouvre une enquête pour prise illégale d’intérêts et détournement de fonds publics. En mars 2024, les enquêteurs perquisitionnent l’Hôtel de Ville. Symbole parfait du retournement : le voyage pensé comme vitrine des JO devient un boomerang judiciaire.
Une transparence à reculons
Depuis plusieurs années, associations et oppositions réclament la publication intégrale des frais de représentation et de déplacement. La mairie oppose une résistance tenace. La Commission d’accès aux documents administratifs est saisie, les tribunaux administratifs tranchent, le Conseil d’État est mobilisé. Les factures de 2020 restent contestées, les frais de bouche demeurent flous.
Comment expliquer qu’une élue qui revendique l’éthique bataille ainsi pour garder ses factures dans l’ombre ? Cette opacité alimente l’idée d’une culture municipale du secret, contradictoire avec l’exigence de transparence dont se réclame la gauche.
Le naufrage politique et culturel
Le plus troublant n’est pas le montant des factures, mais la réaction de son électorat. Comment des citoyens se disant de gauche ne sont-ils pas choqués par ce qui est la manifestation chimiquement pure du privilège ?
Deux hypothèses se dessinent. La première est celle du réflexe tribal : on défend “son” camp coûte que coûte, parce que l’ennemi est ailleurs. Ce réflexe, nous l’avions déjà analysé dans [Les couloirs de la bêtise] : cette mécanique où l’idéologie prime sur la lucidité, où l’on pardonne l’inacceptable dès lors qu’il est commis par les siens.
La seconde est sociologique : la gauche parisienne n’est plus celle des ouvriers et des classes populaires, mais celle des bourgeois bohèmes, pour qui Dior ou Burberry ne sont plus des symboles de domination, mais des codes culturels assumés.
Le privilège devenu banalité
Anne Hidalgo incarne ce que la gauche aurait dû combattre : luxe, voyages, dette, opacité. Elle en est devenue le symbole chimiquement pur. Ce n’est plus seulement une question de chiffres, mais un naufrage culturel : celui d’une gauche parisienne qui applaudit ce qu’elle prétendait autrefois abattre.
Aux dernières nouvelles, l’affaire a pris un nouveau tournant. Après avoir traité les demandes de justifications par le mépris, Anne Hidalgo a choisi la contre-attaque : une plainte pour « dénonciation calomnieuse » déposée contre ceux... qui ont révélé ses notes de frais ! Une stratégie défensive qui en dit long : plutôt que d’apporter la transparence que réclame l’opinion, la maire de Paris déplace la polémique sur le terrain judiciaire. Elle se pose en victime, mais ne convainc que ses partisans les plus fidèles. Car à l’heure des factures accumulées, la plainte ressemble moins à une clarification qu’à une diversion.
Elle nous faisait croire qu’elle roulait en trottinette : moderne, sobre, connectée à l’air du temps. Mais à bien y regarder, elle se voyait déjà en carrosse.
La photo d’illustration de cet article date de 2014. On aurait dû y voir un signe : la reine d’Angleterre tenant elle-même son parapluie, et à ses côtés la maire de Paris protégée par un assistant. Tout était dit : la classe humble de l’aristocratie, face au symbole d’une élue parvenue qui se rêvait en reine quand la République aurait dû rester à pied.
Prends garde, belle Hidalgo : il plane désormais sur Paris un parfum de Varennes…
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Lettre depuis la Bastille
Une lettre imaginaire écrite par la Bastille elle-même. Il ne s’agit pas de faits nouveaux mais d’une mise en scène symbolique : donner voix à un monument muet pour dire ce que beaucoup pensent tout bas. Entre ironie et mélancolie, la Bastille raconte le naufrage d’une gauche qui tolère les privilèges qu’elle aurait dû combattre, et la disparition des couleurs tricolores... passées à la machine.
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