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Interdire les téléphones à l’école, vraiment ?

Aldrine Autrumay

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Interdire, encore. Le téléphone à l’école est devenu le paratonnerre parfait : visible, clivant, populaire. Une mesure qui rassure l’opinion, soulage l’institution et évite une question autrement plus embarrassante : que fait-on, concrètement, pour préparer les élèves au monde réel — celui dans lequel ils vivent déjà ?

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Aldrine Autrumay
Le cadre existe déjà. Et pourtant…


Rappel utile : le téléphone est déjà interdit à l’école primaire et au collège depuis 2018. Au lycée, la règle est laissée à l’appréciation des établissements. En clair : le débat public porte sur une interdiction… largement en place. Ce que l’on discute aujourd’hui, ce n’est pas l’objet, mais l’illusion d’autorité qu’il procure.

Au Ministère de l’Éducation nationale, la ligne est constante. L’objectif affiché : protéger l’attention, limiter le cyberharcèlement, rétablir le calme. « Le téléphone perturbe les apprentissages et le climat scolaire », répètent les communiqués successifs. Le diagnostic est connu. La réponse, elle, est mécanique.



Une interdiction qui arrange tout le monde


Du côté des enseignants, le soutien est souvent pragmatique. Le SNES-FSU le reconnaît sans détour : « Toute règle qui évite des conflits permanents en classe est perçue comme un soulagement ». Traduction : moins de téléphones, moins d’arbitrages quotidiens.

Chez les parents, même réflexe. La FCPE plaide officiellement pour l’éducation aux usages, mais admet en creux la difficulté : « Sans cadre collectif, les familles sont livrées à elles-mêmes ». La PEEP, elle, assume une position plus tranchée : « L’interdiction est un repère clair pour les enfants ».

Repère clair, peut-être. Réponse suffisante, sûrement pas.



Le grand malentendu : rendre l’objet responsable


On fait comme si le téléphone était le problème. Comme si supprimer l’outil réglait la question de l’attention, de la concentration, du respect. C’est confortable. Et profondément absurde.

Car le monde extérieur, lui, ne fonctionne pas sans smartphone. Ni sans écrans. Ni sans intelligence artificielle. Or l’école continue de traiter ces sujets comme des corps étrangers. On interdit au lieu d’enseigner. On contourne au lieu de former.

Aujourd’hui, savoir dialoguer avec une IA, la questionner, vérifier ses réponses, repérer ses biais, est une compétence clé. Obtenir une image conforme à une intention précise, par exemple, demande méthode, rigueur, esprit critique. Ce n’est pas intuitif. Ça s’apprend. Et ce n’est presque jamais enseigné.



La France à contretemps


Le décalage est frappant quand on regarde ailleurs.

Aux États-Unis, le téléphone n’est pas sacralisé ni diabolisé. Il est souvent intégré dans des projets pédagogiques : recherche encadrée, production de contenus, apprentissage du clavier : oui, tout le monde apprend à taper correctement... et à dix doigts !

En Corée du Sud, pays hyperconnecté s’il en est, l’école ne nie pas le numérique. Elle l’encadre sévèrement, mais enseigne très tôt la discipline d’usage, la hiérarchie de l’information, la responsabilité individuelle.

En Norvège, le débat est posé autrement : comment apprendre à gérer son attention dans un environnement saturé d’écrans ? Résultat : des temps sans téléphone, mais aussi des temps avec, pleinement assumés, pédagogiquement construits.

Même l’Espagne avance sans posture morale excessive. Certaines régions interdisent, d’autres expérimentent. Avec une idée simple : l’outil n’est ni bon ni mauvais, seul l’usage compte.



Une école conservatrice… dans ses réflexes


La France, elle, accumule les rendez-vous manqués. Informatique d’abord. Éloquence ensuite : quand l’oral structuré est central en Angleterre, il reste marginal chez nous. Numérique aujourd’hui.

Ce conservatisme n’est pas politique, il est culturel. L’école française préfère la règle à la mise en situation. La suppression à l’apprentissage. Le silence à la confrontation.

Interdire le téléphone, c’est éviter de poser la vraie question : comment transmettre l’autorité sans se réfugier derrière l’interdiction ? Comment former des élèves capables de discernement, plutôt que de simples exécutants privés d’outils ?



Interdire, c’est facile. Former, beaucoup moins.


Oui, le téléphone distrait. Oui, il peut nuire. Mais une école qui se contente d’interdire prépare mal. Elle rassure les adultes et infantilise les élèves. C'est un comble et c'est absurde !

Former à l’usage raisonné, apprendre à vérifier une source, à dialoguer intelligemment avec une IA, à produire plutôt qu’à consommer : voilà le chantier. Il est plus complexe. Moins populaire. Mais infiniment plus nécessaire.

Interdire est une posture. Éduquer est un courage !

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On a longtemps cru que le stylo suffisait. Il a structuré l’école républicaine : écrire, recopier, souligner, corriger. Mais le monde a changé. Et l’objet qui accompagne aujourd’hui chaque élève - qu’on le veuille ou non - n’est plus seulement un gadget. Le téléphone est devenu le stylo audiovisuel du XXIᵉ siècle. Le refuser, c’est refuser l’époque.

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