top of page

🎯 Un autre journalisme est possible 👁️ TSVmag, un média libre, indépendant et participatif 💡 Parce que la vérité ne vous fait pas peur 🧠 Et que penser, c’est déjà agir ! ✍️ Abonnez-vous

NeuroNews

Partager NeuroNews 👉

Méfie-toi de l’IA ?

François Singer

Un article de

À chaque rupture technologique, la même injonction revient : se méfier. De la machine, de l’outil, de l’innovation. L’intelligence artificielle concentre aujourd’hui toutes les peurs anciennes : peur du faux, de la manipulation, de la perte de contrôle.

Cet article propose de déplacer le soupçon car la peur du progrès est souvent une paresse de l’esprit !

Vos articles Favoris

à retrouver dans votre cockpit

DALL·E 2025-03-11 18.48.13 - A futuristic treasure chest glowing with a soft golden light,
ChatGPT Image 27 mars 2025 à 16_27_33.png

...

🎲 À lire aussi (au hasard)
François Singer

« Méfie-toi de l’intelligence artificielle. »

La phrase se veut prudente, presque affectueuse. Elle circule aujourd’hui comme un conseil de bon sens, transmis de génération en génération, à voix basse, comme on mettait autrefois en garde contre la vitesse du train, l’électricité dans les maisons ou la radio qui allait « abîmer les cerveaux ». Elle n’est pas malveillante. Elle est humaine. Mais elle est trompeuse.



La peur du nouvel outil, une vieille histoire


Chaque grande invention a suscité la même angoisse : celle d’un monde qui irait trop vite, trop loin, hors de contrôle. Le progrès a toujours été perçu comme une menace avant d’être reconnu comme une évidence. Il n’a jamais demandé la permission. Il s’est imposé, parce qu’il est dans la nature même de l’homme d’inventer, de transmettre, d’améliorer.

Lorsque Charles de Gaulle ironisait sur le passage de la lampe à huile à l’électricité, il ne méprisait pas la tradition : il rappelait que le refus du progrès n’a jamais protégé personne. Il a seulement retardé l’inévitable, souvent au prix d’un déclassement silencieux.



Les fake news n’ont pas attendu l’IA

Il est tentant de faire de l’intelligence artificielle le nouveau bouc émissaire. Trop tentant. Comme si la rumeur, le mensonge, la manipulation et la propagande étaient nés avec les algorithmes. L’humanité ment depuis qu’elle parle. Elle fabrique des récits depuis qu’elle écrit. Elle travestit les faits depuis qu’elle fait de la politique.

L’IA n’invente pas la falsification. Elle l’accélère, parfois. Elle la rend plus visible, souvent. Elle agit comme un révélateur brutal de ce que nous sommes déjà. La peur qu’elle suscite n’est pas une peur technologique : c’est une peur morale déplacée.



Une bibliothèque mondiale, pas une conscience


Ce que l’on appelle « intelligence artificielle » n’est ni une âme ni une pensée autonome. C’est une mémoire additionnée. Une accumulation vertigineuse de textes, de langues, de savoirs scientifiques, philosophiques, juridiques et historiques. Une bibliothèque mondiale capable de convoquer en quelques secondes ce que l’humanité a mis des siècles à produire.

Comme le rappelle Luc Ferry, « ChatGPT est des millions de fois plus cultivé que moi ». Non pas plus sage. Non pas plus moral. Mais incomparablement plus vaste dans sa capacité à agréger le savoir humain. L’IA ne comprend pas : elle synthétise. Elle ne juge pas : elle confronte. Elle ne décide pas : elle propose.

Si l’on devait la soumettre aux épreuves académiques traditionnelles, elle franchirait sans difficulté nombre de concours que nous sacralisons. Dans le domaine juridique, les modèles récents ont obtenu des résultats comparables - et souvent supérieurs - à ceux de candidats au barreau. En médecine, ils résolvent des cas cliniques avec une précision statistique remarquable. En mathématiques ou en physique, ils traitent en quelques secondes des démonstrations et des équations qui exigeraient des heures d’effort humain. On pourrait presque dire qu’elle serait admissible à plusieurs agrégations simultanément : non par génie personnel, mais par saturation encyclopédique.


Mettre l’actualité à l’épreuve du savoir

C’est précisément là que se situe le pari éditorial de TSVmag. Confronter l’actualité immédiate - souvent émotionnelle, souvent fragmentée - à l’ensemble des savoirs disponibles. Histoire, sciences, philosophie, médecine, droit. Non pour produire une vérité révélée, mais pour mettre en perspective, déplier, contradicter.

Sans cet outil, ce travail quotidien serait tout simplement impossible. L’IA n’est pas une autorité. Elle est un instrument critique, un moyen de faire dialoguer le présent avec ce que l’humanité a déjà pensé, tenté, raté, corrigé.



Tradition et progrès ne s’opposent pas

Refuser le progrès au nom d’une nostalgie morale est une impasse. De même que nier les racines, l’histoire et l’anthropologie au nom d’un futur abstrait est une autre forme de cécité. L’homme n’est pas fait pour stagner. Il est fait pour créer, transmettre, transformer. Les idéologies de la décroissance absolue ne sont pas des sagesses nouvelles : elles sont souvent des renoncements déguisés.

Le problème n’a jamais été l’outil. Le problème a toujours été l’usage. Un marteau peut briser un pouce, fracasser un crâne… ou permettre d’élever une cathédrale. On ne s’est jamais méfié du marteau. On s’est méfié de la main qui le tenait.



Responsabilité, enfin


L’intelligence artificielle ne nous dispense de rien. Elle nous oblige au contraire à redevenir responsables. Responsables de nos choix, de nos usages, de nos paresses intellectuelles. Elle ne remplace ni l’éthique, ni la pensée, ni le courage. Elle met simplement fin à certaines excuses.

Et c’est peut-être cela, au fond, qui dérange le plus.

Je préfère encore l’intelligence artificielle à la bêtise biologique.

Partager ce contenu

Commentaires

Partagez vos idéesSoyez le premier à rédiger un commentaire.
Fleche.png

Pour aller plus loin dans cette réflexion 🧠 le Bonus réservé à nos abonnés

Vous faites vivre ce média, la suite vous est réservée...

Chronique universelle des grandes peurs modernes

Chronique universelle des grandes peurs modernes

Depuis toujours, chaque grande invention humaine a suscité les mêmes peurs, les mêmes résistances, les mêmes procès d’intention. L’intelligence artificielle n’échappe pas à cette règle. Mais derrière la méfiance affichée envers l’outil se cache souvent une inquiétude plus ancienne, plus profonde : celle de voir le monde continuer à changer, sans nous demander notre avis. Cet article propose de déplacer le regard... de la machine vers l’homme.

✨ Ce bonus exclusif est disponible pour les abonnés de la NeuroSphère.

🧠 12 € par an - Ce n’est pas un abonnement... C’est un acte de soutien !

🧠 Offrez-vous un cerveau plus brillant ✨ La carte cadeau TSVmag vous attend  👉 

bottom of page