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Quand l’État choisit ses Français

Quentin Règles

Un article de

La naturalisation n’est plus seulement une procédure. Elle est devenue un signal. Derrière un cas très médiatique - celui de George Clooney - c’est toute une conception de l’appartenance nationale qui vacille, dans un silence administratif lourd de sens.

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Quentin Règles
Le cas qui révèle le mécanisme


George Clooney n’est pas devenu français par hasard. Il l’est devenu parce que le système l’a jugé compatible. Rien d’illégal. Tout est là. La loi autorise l’exception, le pouvoir discrétionnaire, la décision au cas par cas. Mais lorsque l’exception devient exemplaire, elle cesse d’être un détail. Elle devient une méthode. On n’assiste pas à un passe-droit. On observe une sélection.



Le flou comme instrument


Les textes parlent d’« adhésion aux valeurs de la République ». Formule large. Pratique. Inattaquable. Elle permet d’englober tout et son contraire. De valider sans expliquer. De refuser sans justifier. Le ministère s’abrite derrière ce flou, puis se tait. L’embarras n’est pas une maladresse de communication. C’est un aveu. Un pouvoir qui ne s’explique plus est un pouvoir qui s’arroge.

« Chaque situation est examinée individuellement », répètent les communiqués. Traduction : aucune règle commune ne s’impose plus vraiment.



Ce que la République savait autrefois


Pendant longtemps, la République n’a pas eu besoin de ces formules creuses. Elle savait ce qu’était l’appartenance. Appartenir à la nation, ce n’était ni rassurer ni séduire. C’était accepter un héritage, une langue, une histoire conflictuelle. Une exigence. Une charge. Une fidélité parfois inconfortable.

Les républicains de fond ne parlaient pas d’image. Voltaire défendait la liberté, mais jamais la tiédeur. Georges Clemenceau ne cherchait pas à plaire, il voulait agir. Jean Jaurès pensait la nation comme un creuset politique, pas comme un certificat moral. Charles de Gaulle parlait de la France comme d’un corps historique, tragique parfois, mais souverain. La nation n’était pas aimable. Elle était exigeante.



Le critère invisible : l’innocuité


Ce socle s’est affaissé. Il subsiste le droit, mais plus l’esprit. Il existe désormais un filtre non écrit. Être français, ce n’est plus seulement résider, travailler, parler la langue. C’est ne poser aucun problème. Ne fracturer aucun récit. Ne contredire aucune morale dominante.

Clooney rassure. Il incarne une France aimable, vue de l’extérieur. Propre. Alignée. Il ne questionne rien. Il conforte tout.



Le contre-exemple qui dit tout


À notoriété comparable, à fortune équivalente, certains profils n’auraient aucune chance. Non pour ce qu’ils font, mais pour ce qu’ils dérangent. Le contraste est éclairant. Si Elon Musk demandait la nationalité française, le débat serait immédiat, conflictuel, politique. Même richesse. La sienne est démesurée... Même visibilité. Mais une dissonance idéologique. Et la porte resterait probablement fermée.

La nation absorbait autrefois les tensions. Aujourd’hui, elle les prévient.



L’égalité sous condition


Pendant ce temps, des milliers de candidats ordinaires sont soumis à l’épreuve permanente. Langue, quoi de plus légitime ? Emploi. Solvabilité. Stabilité. Dossiers épais. Délais parfois interminables. La preuve par la durée. La conformité par l’effort. À certains, on demande une vie entière de garanties. À d’autres, une image suffit. L’égalité devant la nationalité n’est plus un principe. Elle est devenue optionnelle.

« La République est généreuse », aime-t-on rappeler. Elle l’est surtout avec ceux qui la rendent présentable.



La sanction


Si l’État choisit ses Français, ce n’est pas par accident. C’est parce qu’il ne sait plus ce qu’il doit transmettre. Il ne ressent plus la nation comme une construction politique exigeante, mais comme un cadre à gérer. Alors il sélectionne. Il homologue. Il valide des profils.

La citoyenneté devient une distinction. L’appartenance, un label.

Quand l’État choisit ses Français... il renonce à les faire !

Commentaires (1)

serge2983
02 janv.

Bien avant le loup d'Intermarché, qui se cache derrière Mr Nespresso ?

Naturaliser cette famille qui ne respecte pas les règles imposées au commun des mortels me semble pour le moins étonnant.

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