NeuroNews
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Deux fois par an, sans discuter, nous tournons une petite molette invisible dans le ciel. Une heure en plus, une heure en moins. Une minute dâinattention, un rĂ©veil ratĂ©, un enfant fatiguĂ©, un train quâon manque. Depuis 1976, cette chorĂ©graphie semi-automatique sâimpose Ă nous comme une coutume moderniste. Pourtant, au moment de la rĂ©activer, une question revient doucement : Ă quoi bon ?
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Quentin RĂšgles
⥠Une Ă©conomie dâĂ©nergie devenue marginale
Officiellement, lâheure dâĂ©tĂ© fut instaurĂ©e pour Ă©conomiser de lâĂ©lectricitĂ©. En prolongeant la lumiĂšre du jour, on devait rĂ©duire lâusage de lâĂ©clairage artificiel. Quarante ans plus tard, les courbes Ă©nergĂ©tiques ont changĂ© : ampoules LED, Ă©crans allumĂ©s en permanence, climatiseurs⊠Les Ă©tudes rĂ©centes montrent que le gain est quasi nul, voire nĂ©gatif dans certains pays.
Câest quand mĂȘme curieux de penser Ă un changement dâheure pour des courbes Ă©conomiques plutĂŽt que pour le bien-ĂȘtre des gens.
đ©ș Un choc biologique discret mais rĂ©el
Le passage Ă lâheure dâĂ©tĂ© ou dâhiver ne se limite pas Ă une formalitĂ©. Il dĂ©rĂšgle notre horloge interne : troubles du sommeil, fatigue persistante, baisse de concentration, hausse des accidents de la route dans les jours qui suivent. Pour les enfants, les personnes ĂągĂ©es, les travailleurs de nuit, le corps encaisse â et met parfois plusieurs semaines Ă sâadapter.
Ă ce moment-lĂ , Claude Nougaro aurait peut-ĂȘtre chantĂ© quelque chose. Il lâa fait dâailleurs, dans Un coq aimait une pendule. Ă Ă©couter ici. Une fable surrĂ©aliste, comme ce monde oĂč le vivant tente dâaimer lâheure fixe, lâheure froide, lâheure carrĂ©e.
đ Une rĂ©forme figĂ©e dans le temps
En 2018, lâUnion europĂ©enne lança une consultation publique : 84 % des citoyens votants se prononcĂšrent pour lâabolition du changement dâheure. Puis⊠rien. Le projet fut suspendu, les fuseaux horaires laissĂ©s en suspens, les dĂ©saccords nationaux ajournĂ©s.
On continue donc. Par inertie. Comme dans un vieux dessin animĂ© oĂč les aiguilles tournent sans moteur.
âł Une heure fondante
Il y a quelque chose de dalinien dans cette obsession Ă vouloir manipuler le temps. Une montre qui fond sur une branche dâolivier, pendue au-dessus du vide. Le temps sâĂ©coule dĂ©jĂ assez Ă©trangement pour quâon cesse dâen faire une mĂ©canique sociale.
Le monde sans changement dâheure ne serait pas plus sombre, ni plus bĂȘte. Il serait simplement plus rĂ©gulier. Moins dĂ©phasĂ©. Ă lâimage de ces pays qui ont abandonnĂ© la pratique, sans que cela ne provoque de rĂ©volution.
Il est peut-ĂȘtre tempsâŠ
de ne plus changer lâheure.
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Le monde, cette horloge
Le temps nâa pas toujours Ă©tĂ© ce quâil est.
Il fut ciel avant de devenir chiffre.
Observation avant synchronisation.
Et bien avant quâon ne discute dâun changement dâheure pour des raisons Ă©conomiques, le temps fut conquis â patiemment, brutalement, scientifiquement.
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